Les différents styles de karaté - 4e partie

Le Shohei-Ryu (précédemment connu comme Uechi-Ryu) est un art Zen originaire d’Okinawa et inventé par Kanbum Uechi. S’il est devenu l’une des variantes principales sur l’île d’Okinawa et a absorbé nombre des autres techniques propres au karaté d’Okinawa, il s’agit historiquement d’un style bien distinct.

Le nom Shohei-Ryu vient des caractères chinois « Sho » soit « briller ardemment » et « Hei » soit « justice », « égalité » et « paix ». Le nom fait également référence à deux époques japonaises, l’une passée, Showa, et l’autre présente, Heisei. Ryu (que l’on prononce « rou ») est l’équivalent japonais de « voie » ou « chemin ».

Le grand maître Kanbun Uechi est né le 5 mai 1877 à Isumi, un petit village dans le nord d’Okinawa. En 1897, à l’âge de 20 ans, il fuit à Fuzhou, capitale de la province de Fuji en Chine, pour éviter l’enrôlement dans l’armée japonaise qui occupait Okinawa à l’époque. Pendant dix ans, il étudie l’art du Pangai-noon qui utilise des dérivés du tigre et du dragon pour se concentrer sur l’utilisation de coups de poings précis et rapides et de parades circulaires. Uechi ouvre par la suite sa propre école à Nanchon, ville de la province de Fukien où il enseigne pendant trois ans avec l’honneur d’être l’unique japonais accepté comme enseignant en Chine. En proie à la désillusion à la suite d’un meurtre commis par l’un de ses étudiants après une dispute, Uechi jure de ne plus jamais enseigner. En 1910, il ferme son école et retourne à Okinawa où il se marie et donne naissance à un fils, Kanei, le 26 juin 1911. À cette époque, Uechi refuse toujours d’enseigner et ne consent qu’une unique fois à faire la démonstration de son art, non sans réticence.

Si le Shohei-Ryu a absorbé en partie le style du Goju-ryu au fil des ans, il conserve néanmoins sa spécificité, emprunte de culture chinoise aussi bien en ce qui concerne les techniques utilisées que l’atmosphère des dojos. Il utilise une combinaison de techniques dures et douces très similaires à celles que l’on retrouve dans les communautés chinoises du sud, comme la Grue Fukien (encore pratiquée dans les communautés chinoises de Malaisie), l’Aigle et même le Wing Chun. La préparation du corps à la fois à l’attaque et à la défense est un dénominateur commun entre le karaté d’Okinawa et les styles « de rue » que le retrouve au sud. Cette préparation mixte est donc très importante dans la pratique du Shohei-Ryu. L’apprentissage se concentre également sur les sensations internes, comme la respiration et les exercices de mise en tension (similaires au Qigong chinois). Le Shohei-Ryu, inspiré de la Grue chinoise, met l’accent sur les parades circulaires, les coups de pied bas rapides, la coordination entre le jeu de jambes et les prises et balayages, et les attaques à rapides à la main (non sans rappeler le Wing Chun). Le style incorpore les caractéristiques des animaux Wushu. Il fait appel à de nombreux mouvements circulaires ainsi qu’à la technique du poing unique de « l’œil du phénix ». Contrairement à la majorité des autres styles de karaté, différentes prises sont également utilisées.

Shorin Ryu. Le Shorin Ryu est un style doux venant d’Okinawa, connu pour ses techniques rapides, agiles et légères adaptées aux personnes de petite corpulence. Du fait de ses contraintes spirituelles élevées, ce style est considéré comme une religion à part entière.

Shorinji Kempo. Le Shorinji Kempo est un style de karaté japonais profondément enraciné dans la méditation Zen. Il a été créé par So Doshin, selon qui il est basé sur les enseignements traditionnels Shaolin. Dans les années 1970, les tribunaux japonais on forcé So Doshin à changer le nom de son école pour Nippon Shorinji Kempo. Cet art prône le calme et la sérénité dans l’action. Ses étudiants commencent donc par en apprendre les aspects spirituels avant de passer aux techniques de combat. Du fait de son mélange de bouddhisme, de philosophie et d’arts martiaux, le Shorinji est également considéré par beaucoup comme un enseignement religieux.

Shorei Ryu. Le Shorei Ryu est un style dur d’Okinawa, connu pour ses techniques puissantes et imposantes et l’endurcissement du corps nécessaire à sa pratique. Ce style comporte également de nombreuses positions et convient mieux aux personnes de plus grande corpulence. Il tend à imiter les actions de cinq animaux traditionnels et enseigne le maniement de l’ensemble des armes traditionnelles d’Okinawa, telles que le Bo, le Tonfa et le Sai. Voici quelques caractéristiques du shorei-ryu :

Position extrêmement basse
Poing Seiken : porté légèrement vers le bas et au centre du coprs. La jambe arrière effectue un mouvement vers l’avant automatiquement, du fait de la puissance générée par la force du poing et par le mouvement d’accompagnement de la hanche.
Poing : l’index se place sous le pouce replié
Hanches : rotation avant
Parades : elles commencent par un mouvement de spirale au niveau du poignet
Regard : vision élargie
Les huit visages : l’art du regard ou de l’expression (hyojo do). (Confiant, amical, solennel, indifférent, méprisant, choqué, apeuré, en colère).
Toutes les frappes, coups de pied et parades sont circulaires à 90%
Coups de pied : pour chaque mouvement vers l’avant suit un mouvement opposé
Corps : toujours en position de repos excepté au moment précis de la réalisation d’une technique.



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