Les différents styles de karaté - 5e partie

Shotokai karaté-do. Le Shotokai karaté-do est un style de karaté non compétitif dérivé du Gichin Funakoshi par les grands maîtres Yoshitaka, Funakoshi et Shigeru Egami. Le mot Shotokai est composé de trois caractères kanji japonais. Le caractère « Sho » est lié au mot « matsu » qui signifie « pin ». « To » est le caractère lié aux vagues. « Vague de pins » est donc la traduction littérale qui permet d’exprimer au mieux ce que représentent les kanji japonais d’origine, soit le son produit par le vent passant au travers des aiguilles de pins, sorte de vague sonore. Gichin Funakoshi a d’ailleurs utilisé le pseudonyme de « Shoto » pour signer ses œuvres poétiques. Enfin, « kai » signifie « organisation ». Shotokai signifie donc « l’organisation de shoto », ou « l’organisation de maître Gichin Funakoshi. « Kai » signifie bâtiment ou maison. Le Shotokan est donc la maison ou le bâtiment de Shoto.

Le Shotokai ne considère pas le karaté comme un sport. Il évite donc tout type de tournois considérés compétitifs. Il considère plutôt le karaté comme un art relevant du Budo puisqu’il s’agit avant tout de développement personnel à travers l’étude et la pratique du karaté en tant que Do — « style de vie » — ainsi que le développement de l’énergie intérieure, le Ki. Les mouvements du Shotokai regorgent de vitalité et d’énergie mais reposent sur les principes d’harmonie et de relaxation, et s’opposent par là à la force brute. Au sein d’un groupe, chaque étudiant trouve la propre voie par laquelle il atteindra cette unicité du corps, du ki et de l’esprit, de façon à ce que chaque étudiant puisse apprendre de ses pairs. L’entraînement réserve volontairement un traitement égalitaire à tous les participants pour que puisse se développer communication et respect mutuel.

Shotokan. Le shotokan est le style de karaté japonais « autorisé ». C’est un style provenant d’Okinawa créé par Gichin Funakoshi. Shoto était comme précédemment mentionné le nom d’emprunt de Funakoshi. Sa volonté était d’intégrer les principes du Shorin et du Shorei à un style adapté à toute corpulence. Selon Funakoshi lui-même, « l’art du karaté ne repose ni sur la victoire, ni sur la défaite mais bien plutôt sur le perfectionnement de l’esprit et du caractère de ceux qui le pratiquent ». Le Shotokan est un style de combat « dur » et linéaire, exclusivement à main nue, il ne nécessite l’utilisation d’aucune arme. Bien qu’il soit connu pour ses attaques mortelles, ses engagements dynamiques et sa théorie de l’attaque unique (similaire à d’autres arts martiaux), le Shotokan a évolué pour devenir un sport. L’entraînement au Shotokan se concentre sur la maîtrise parfaite de quelques techniques, plutôt que l’apprentissage moins approfondi de nombreuses techniques.

Shotokai et Shotokan sont en fait deux noms différents faisant référence à la même chose. Shotokai est le nom donné à l’organisation fondée en 1935 pour lever des fonds destinés à construire le bâtiment abritant l’école principale de Funakoshi. Ce dernier n’a occupé que deux postes dans sa vie, instructeur en chef du Dojo Shotokan et directeur de l’école de Shotokai.

Shotokan est donc le nom du bâtiment qui fut achevé en 1936 et est le résultat du travail effectué par cette organisation. Avec le temps, ceux qui pratiquaient le karaté ont été petit à petit différenciés pour être affiliés à différents « styles », malgré l’opposition de Gichin Funakoshi lui-même à ce type de distinction. Ses étudiants sont finalement connus comme les « Shotokan » et l’endroit ou il s’entraîne donne lieu au nom de « Shotokan-Ryu » ou « la voie du Shotokan ».

À la mort du maître en 1957, le Shotokai (l’organisation) a hérité de tout ce qu’il avait contribué à créer, les noms de Shotokai et Shotokan, ainsi que l’ensemble de ses écrits et documents. C’est pourquoi le Shotokai est désormais en charge de l’édition et de la publication de ses travaux. Le quartier général de l’organisation est toujours situé dans ses locaux d’origine, le Shotokan Dojo, bien que celui-ci ait dû être reconstruit suite à sa destruction lors d’un bombardement durant la seconde guerre mondiale. Le nom Shotokan a depuis été incorrectement utilisé par de nombreux groupes dénués de respect pour maître Funakoshi ou pour les volontés de sa famille. Pour cette raison, de nombreuses personnes mal informées associent maintenant Funakoshi au karaté en tant que sport, chose à laquelle il était pourtant fermement opposé.

Wado-Ryu. Wado-Ryu, « école de la voie de l’harmonie » fut fondée dans les années 1920 par Otsuka Hidenori, l’un des étudiants de Gichin Funakoshi. Otsuka a étudié le Jujutsu de nombreuses années avant de rejoindre Funakoshi et d’en devenir l’un des étudiants les plus brillants. Otsuka a donc mis au point un style combinant les mouvements du Jujutsu avec les techniques de frappes du karaté d’Okinawa, en ce concentrant tout particulièrement sur les mouvements d’esquive. Ce style adopte des positions plus hautes et plus courtes que le Shotokan d’origine, et met la discipline spirituelle en exergue. À la mort d’Otsuka au début des années 1980, le style se voit divisé en deux factions : le Wado Kai, dirigé par ses étudiants les plus chevronnés, et le Wado Ryu, représenté par son fils, Jiro. Ces deux factions continuent encore aujourd’hui de préserver les aspects et éléments basiques du style d’Otsuka.



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